L’entreprise britannique de logistique GoExpress a franchi une étape importante dans le développement du transport intermodal en démontrant que le rail et la route peuvent être combinés efficacement pour offrir des services de fret plus rapides tout en réduisant l’impact environnemental du transport de marchandises.
Son modèle consiste à transférer les trajets longue distance, dits du « maillon intermédiaire » (middle mile), des poids lourds vers des trains de fret électriques circulant à des vitesses pouvant atteindre 145 km/h, tandis que les camions assurent les premiers et les derniers kilomètres de chaque livraison.
Dans le cadre d’un essai de quatre semaines sur la West Coast Main Line, GoExpress a collaboré avec Network Rail, Freightliner, Rail Operations Group (ROG) et le transporteur de colis DPD. Les résultats se sont révélés particulièrement encourageants. Les temps de parcours entre la plateforme logistique de DPD dans le Leicestershire et son centre de distribution d’Eurocentral, près de Glasgow, ont été réduits de moitié, passant de huit heures à seulement quatre heures.
Les essais ont utilisé les locomotives Class 93 tri-modes de Rail Operations Group, tractant des conteneurs intermodaux High Cube de 40 pieds. Les trains ont atteint des vitesses allant jusqu’à 145 km/h sur les sections du réseau adaptées à cette exploitation. Au total, 54 circulations d’essai ont été réalisées, avec une fiabilité remarquable : tous les trains, à une seule exception près, sont arrivés à l’heure.
Les performances opérationnelles se sont accompagnées d’importantes économies d’énergie. Les mesures effectuées sur le parcours de 435 km ont montré que les trains tractés en mode électrique ne consommaient qu’environ 58 % de l’énergie nécessaire à des poids lourds électriques à batteries pour parcourir la même distance. De plus, le freinage régénératif a permis de récupérer plus de 1 100 kWh d’énergie à chaque trajet, soit l’équivalent de l’énergie nécessaire à un camion électrique pour parcourir environ 805 km.
Ces essais ont été financés dans le cadre du Freight Innovation Fund du Department for Transport et soutenus par Connected Places Catapult, Network Rail, le Rail Safety and Standards Board (RSSB) ainsi que DPD.
À l’issue des essais, Adam Parkinson, fondateur et directeur général de GoExpress, a déclaré que ces résultats démontrent la viabilité commerciale du fret ferroviaire à grande vitesse pour les réseaux de logistique express. Selon lui, cette solution permet aux opérateurs de répondre à la demande croissante de livraisons plus rapides tout en réduisant les coûts d’exploitation et les émissions de carbone. GoExpress estime désormais que le fret ferroviaire à grande vitesse peut devenir un complément concret au déploiement progressif des poids lourds électriques et jouer un rôle majeur dans l’atteinte des objectifs de décarbonation du secteur logistique britannique.
Auteur: Frédéric de Kemmeter
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